Très bel article de Ludivine dans la RVF !

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« Une Appellation, deux styles »

Domaines Dirler Cadé et Valentin Zusslin

Saering et Pfingstberg, deux sacrés caractères.

Deux grands crus du Sud de l’Alsace, conduits en biodynamie, se donnent ici la réplique. Face à la fougue des Riesling du Pfingstberg, le Saering oppose la finesse de ses vins.

Magnifique vignoble aux paysages à couper le souffle, l’Alsace dispose d’une multitude de terroirs exceptionnels. Sa géologie tumultueuse a façonné des crus nés sur un substratums et des sols très variés. Cette richesse pédologique se traduit par des vins au caractère contrasté mais toujours passionnants.

Dans cette région, de multiples vignerons se sont convertis à une viticulture fondée sur les principes de la biodynamie (lire la RVF n°625, octobre 2018). Certains la pratique depuis plus de vingt ans, tels les domaines Valentin Zusslin et Dirler-Cadé qui ont opté pour ce mode cultural dès 1997. Pour cette rencontre, ils nous ont présenté deux très beaux Grands crus en riesling : le Saering pour le domaine Dirler-Cadé et le Pfingstberg pour le domaine Valentin Zusslin. Situés au sud de Colmar, ces deux crus sont distants de quelques kilomètres.

LE SAERING TOUT EN NUANCES ET DÉLICATESSE

Pour cette dégustation, ce sont les femmes – épouse (Ludivine Dirler) et sœur (Marie Zusslin) – qui nous ont reçus tandis que les hommes terminaient la vinification de leurs 2019. Marie Zusslin connaît bien ses vins, elle aime les servir dans des Zalto. Ces verres font merveille avec Pfingstberg au style puissant. Il tempère sa fougue et laisse ressortir avec plus de justesse les nuances du cru, quel que soit le millésime. A l’inverse, dès le premier millésime, le Saering affichait un certain mutisme dans le verre Zalto. Par chance Marie Zusslin disposait d’un jeu de verre Schott. Un contenant dans lequel le Saering s’est épanoui sans que cela n’entrave sa finesse.

Nous avons donc poursuivie notre dégustation avec ces deux types de verres. Cela nous a permis de mieux cerner la personnalité de ces deux crus opposés tant par leur tempérament que par le style impulsé par le domaines.

Le grand cru Saering repose sur un sous-sol marno-gréseux, riche en argile et en calcaire. Bien que le vignoble soit planté en terrasses, le domaine Dirler-Cadé, implanté à Bergholtz, dans la partie sud de l’Alsace, possède une parcelle au pied du coteau exposée sud/sud-est, là où l’on retrouve du sable. Ce sable confère toute sa finesse aux vins du domaine. Pour Ludivine Dirler, il ne peut y avoir qu’un chef d’orchestre dans ce domaine, son mari, Jean, même si, ensemble, ils échangent sur le goût de leurs vins et sur les assemblages. La finesse prime dans leur Saering d’une grande pureté de fruit. Tandis que sa colonne vertébrale se construit autour d’une belle acidité propre à ce terroir. Elle s’est amplifiée grâce à leur mode cultural. Nous avons beaucoup aimé ces rieslings, peu épais mais intenses, tout en nuances et en délicatesse.

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Millésime 2018 :

Nez de pierre froide, anis étoilé, amande amère et camomille. La finesse domine dans ce riesling au fruit pur, intense et persistant. On image le grain de sable du terroir avec en contrepoint une touche iodée et de poivre blanc. Élevé en cuve inox, ce Saering s’exprime mieux dans le verre Schott.

Millésime 2016 :

Pour ce millésime généreux il a fallu contenir. les rendements. Ici, le verre Schott s’impose. Il élargit le vin tandis que le Zalto le durcit. Grace au Scott, le vin développe un parfum d’herbes et de menthe poivrée et dévoile toute son élégance.

Millésime 2015 : 

Au nez, il bascule vers les épices. Le fruit prend une tonalité de poire juteuse. On ressent ici une maturité profonde. Vendangé le 29 septembre, il a conservé 30g de sucre résiduel. Ils sont intégrés dans un fruit qui livre à l’air un parfum de pamplemousse. Avec le verre Zalto, le sucre paraît plus prégnant.

Millésime 2012 : 

Le nez exhale des arômes d’herbes et une touche de menthe. A l’air, des notes de camomille signent une belle identité olfactive. La bouche livre une matière ciselée, au fruit épuré. Sa colonne vertébrale est construite autour d’une belle acidité (touche de citron). Avec le verre Zalto, l’amertume est projetée en avant. Le vin se durcit.

Millésime 1998 :

Parfum de thé a la bergamote avec une touche racinaire et de sureau. Si la bouche restitue son élégance, elle le doit à un sol de sable. Un riesling distingué, plus d’attaque que de fin de bouche.

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Regards croisés :

Marie Zusslin parle de riesling Saering 2014 du domaine Dirler-Cadé :

« Ce riesling possède du fond, de la concentration et de beaux amers, une densité accrue par rapport aux millésimes plus jeunes, sans ces notes de plantes médicinales qui ressortaient. Plus sphérique et enveloppée, sa matière le rapproche plus de nos vins. J’apprécie également son caractère exotique. Toujours d’une grande délicatesse mais avec un bel équilibre volume/structure. Il est posé et prêt à boire. »

Ludivine Dirler parle du riesling Pfingstberg 2014 du domaine Valentin Zusslin:

« Ce fut un millésime complexe à cause des drosophiles. Je trouve ce Pfingstberg épanoui mais avec moins de notes d’amande amère qu’il n’en livre dans les millésimes plus jeunes. J’aime son profil charnu et enveloppé. Avec son évolution, sur des notes empyreumatiques, il se déguste au bon moment tout en conservant sa densité et son toucher de bouche solide et reconnaissable. »

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Ou par téléphone au : +33 (0)4 27 10 83 73

Publié par admin le 7 février 2020

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